Éditorial

Le capitalisme est ā la base de la misère, l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes !

12 septembre 2026

Les voilà tous ces ennemis des travailleurs et leurs faux amis, notamment les opposants d’Alassane Ouattara, qui crient au scandale et dénoncent la fixation du prix du cacao à la baisse, à 1200 Fr le kilo. Pourtant, lorsque ces gens-là et leurs clans étaient au pouvoir, le prix du cacao était tout aussi bas. Les petits paysans vivaient dans la même misère, dans laquelle ils croupissent depuis qu’ils produisent du cacao pour le marché capitaliste !

Cette misère est aussi le lot quotidien des travailleurs dans les villes, dont la grande majorité est issue de cette même paysannerie pauvre. En ville comme à la campagne, c’est une vie faite de privation et de souffrance. Les uns, comme les autres, arrivent tout juste à satisfaire leurs besoins vitaux et vivent dans la précarité et l’exploitation. Et en cette période de rentrée scolaire, des dépenses supplémentaires vont s’ajouter à celles de la vie quotidienne. Leurs enfants sont nourris, soignés et scolarisés au rabais, juste assez pour garantir à la classe exploiteuse le renouvellement d’une génération de main-d’œuvre corvéable et à bas coûts. Pour l’écrasante majorité d’entre eux, le seul avenir que leur réserve le système capitaliste, c’est celui de remplacer leurs parents usés et de devenir à leur tour des esclaves salariés de la minorité exploiteuse. C’est ainsi que fonctionne cette société dominée par l’argent et par la recherche du profit sur le dos des travailleurs et des petits paysans.

Les travailleurs ne peuvent compter ni sur le gouvernement, ni sur les bonnes paroles des dirigeants de l’opposition car ils sont fondamentalement dans le même camp du système capitaliste. Ils ne peuvent pas compter non plus sur les dirigeants des centrales syndicales qui sont plus présents dans les allées du pouvoir que sur les chantiers et dans les usines, auprès des travailleurs qui essaient de lutter pour améliorer leurs conditions de travail et leurs salaires. Et s’il arrive que grâce à leurs luttes courageuses contre leurs patrons, malgré l’intervention des forces de d’ordre venues au secours des exploiteurs, des travailleurs parviennent à arracher ici et là certaines de leurs revendications (telles que le payement de leurs arriérés ou à de rares exceptions une petite amélioration de leurs conditions de travail), cela leur permet tout juste de garder la tête hors de l’eau et de continuer à se faire exploiter par les capitalistes.

Généralement, ce qui est arraché par la lutte est rapidement repris par les capitalistes, au travers d’une augmentation des cadences de travail, d’une dégradation des conditions générales, ainsi qu’une augmentation des prix des biens de consommation. Les travailleurs voient que leur misérable existence ne change pas. Force est de constater que la lutte sur le terrain syndical, même quand elle est quelques rares fois victorieuse, ne permet pas à elle seule de changer nos conditions d’existence car le patronat a mille et un moyens de récupérer d’une main ce qu’il a été contraint de céder de l’autre. Voilà pourquoi c’est à la racine qu’il faut soigner le mal, c’est-à-dire s’en prendre au système capitaliste lui-même.

Dans son combat contre ce système, la classe ouvrière a besoin d’une boussole politique permettant de déjouer les pièges tendus par ses adversaires, de reconnaître qui sont ses ennemis et ses faux amis. Elle a besoin de prendre conscience qu’elle fait partie d’une même classe sociale, celle des exploités et que, quel que soient leur métier, leur ethnie, leur origine, etc., les travailleurs ont les mêmes intérêts fondamentaux à défendre face à la classe exploiteuse. Ensemble, ils constituent une force colossale capable de renverser le capitalisme, de diriger eux-mêmes le pouvoir et de faire tourner l’économie, non plus pour enrichir une minorité de parasites et d’exploiteurs mais de satisfaire les besoins de la très grande majorité de la population.

Mais cet objectif ne peut être atteint que si les travailleurs sont organisés et pleinement conscients du rôle déterminant qu’ils ont à accomplir. Cela veut dire que dès maintenant il faut œuvrer à la construction d’un parti communiste révolutionnaire et internationaliste des travailleurs, sans lequel le renversement de la bourgeoisie et la mise en commun de l’économie mondiale ne pourront pas être réalisés. Le moment venu, la classe ouvrière rejoindra l’avant-garde révolutionnaire et défendra le drapeau rouge de la révolution.