« LOGEMENTS SOCIAUX » ? CERTAINEMENT PAS POUR LES OUVRIERS QUI LES CONSTRUISENT !
En même temps que le gouvernement détruit les habitats des pauvres et les chasse de leurs quartiers comme s’ils étaient des chiens, le voilà qui se vante par ailleurs de construire des logements soi-disant sociaux pour, dit-il, reloger notamment ces populations qu’il fait déguerpir. De qui se moque-t-il ?
La prétendue construction de ces « logements sociaux » ne date pas de l’ère Ouattara, c’est un disque rayé et passé en boucle par tous ces prédécesseurs ! Pour ne remonter qu’à la présidence de Gbagbo, élu en l’an 2000, rappelons que lorsque lui et son premier ministre Affi N’Guessan bloquaient les salaires des travailleurs sous prétexte de « reconstruction nationale » alors que leur objectif était de mieux engraisser les exploiteurs, ils avaient annoncé la construction de « 1000 logements sociaux » à Yopougon. Finalement, pas un n’est sorti de terre, mais l’argent débloqué par l’État pour le financement de ce projet ne s’est pas évaporé pour tout le monde !
En 2012, le gouvernement Ouattara annonça à son tour le lancement d’un projet de 150.000 logements prétendument économiques et sociaux, mais au bout du compte, même pas le tiers a été construit. Ils ont été subventionnés par l’État à hauteur de 30 à 50% mais n’avaient rien de social ni d’économique. Ceux qui en ont le plus profité ce sont les promoteurs immobiliers, ils ont palpé des milliards des caisses de l’État pour des logements qu’ils ont ensuite vendus entre 12,5 et 30 millions de francs aux acquéreurs qui pouvaient payer cette somme. Ce qui explique pourquoi de nombreux députés sont aussi par ailleurs des promoteurs immobiliers, il y a de l’argent à ramasser ! Quant aux travailleurs qui construisent ces logements et qui ne touchent que 5000 francs la journée, ils sont carrément exclus de ce programme.
Ensuite, en 2022, Ouattara lança un nouveau projet de construction de 25.000 logements connu sous le nom de « Programme d’urgence » mais l’urgence semble s’éterniser puisque quatre années après, on attend toujours.
Au lendemain de l’indépendance, la construction de logements Sicogi a bien bénéficié à un petit nombre de petites gens. Mais c’était très loin de satisfaire les besoins réels. Du coup, les populations pauvres s’installaient dans les bidonvilles. Ces logements sont pourtant nécessaires et il en faudrait en très grand nombre pour satisfaire les demandes. Mais les travailleurs et les populations pauvres ne peuvent pas attendre d’un gouvernement qui sert avant tout les intérêts des capitalistes, qu’il construise des logements en quantité, au prix coûtant et conformes au besoin de la population. Ce serait comme demander à un bouc qu’il produise du lait !
