STÉPHANE KIPRÉ : PARCOURS ORDINAIRE D’UN OPPORTUNISTE

11 juillet 2026

Comme dans tous les pays pauvres, c’est souvent au travers d’organisations politiques ou syndicales que beaucoup d’opportunistes trouvent le chemin de leur « réussite ». La Côte d’Ivoire ne fait pas exception à cette règle, le parcours de Stéphane Kipré, actuellement député, n’est qu’un cas parmi tant d’autres : Ahipaud Martial, Blé-Goudé, Soro Guillaume et consort.

Kipré a commencé sa carrière politique à 24 ans en adhérant en 2004 au MFA, le parti politique d’Anaky Kobenan, fils adoptif d’Houphouët Boigny. La même année 2004, il crée une entreprise dénommée Mecaf, spécialisée dans la mécanique, métallurgie, électricité et chaudronnerie. Trois ans après, il fonde son propre parti politique l’UNG (Union des Nouvelles Générations) et se marie avec l’une des filles de Laurent Gbagbo. En 2010, son parti rejoint le regroupement des partis politiques soutenant Laurent Gbagbo. En 2021, il crée une deuxième entreprise, SK Global Investment, spécialisée dans la finance, le Btp, les mines, l’agriculture et le digital. Il devient en même temps premier vice président du nouveau parti de Gbagbo, le PPA-CI.

Lors des élections législatives de décembre 2025, il présenta sa candidature alors que le parti dont il était un des hauts dirigeants avait appelé au boycott. Cela entraina son exclusion mais peu lui importait puisque le fait d’être élu député lui permit de bénéficier d’une immunité parlementaire et d’échapper au procès pour « enrichissement illicite et blanchiment de capitaux », dont il est accusé depuis 2024. D’autre part, le fait d’avoir appartenu durant un temps à la famille Gbagbo lui a ouvert de nombreuses nouvelles portes, entre autres celles des présidents du RDC Congo et du Sénégal, Tshisékédi et Macky Sall, pour promouvoir sa société financière. Par ailleurs, il a fricoté avec les dirigeants mafieux des églises évangéliques, notamment de ceux qui font partie du réseau pro-Trump en Afrique. Il se proclame « serviteur de dieu, homme politique et entrepreneur ».

Pour ce genre de personne, tous les chemins mènent au même point, celui de leur enrichissement personnel. Et quand on entend le mot « entrepreneur », on ne peut pas s’empêcher de penser aux ouvriers du bâtiment, entre autres, qui subissent l’exploitation féroce et l’oppression de ces individus sans scrupule qui ne connaissent que l’épaisseur de leur compte en banque !

À n’en pas douter, dans ce monde dominé par l’argent et la pourriture, des hommes comme lui ont de l’avenir … à moins d’être évincés par un plus pourri !