MISÈRE, VIE CHÈRE, CHÔMAGE, PRÉCARITÉ, DÉGUERPISSEMENTS : TRAVAILLEURS, SAUVONS-NOUS NOUS MÊMES !
Les autorités ont détruit de nombreux quartiers pauvres, de la façon la plus sauvage, en pleine saison de pluie et en période d’examens scolaires. Elles ont eu recours aux forces armées et quelques fois même à des genres de milices. Du jour au lendemain, des dizaines de milliers de personnes ont été jetées à la rue, sans avoir un toit où s’abriter. Beaucoup de familles n’ont même pas eu le temps de sauver leurs effets personnels.
Ces attaques anti-pauvres sont loin d’être terminées ; dans de nombreux quartiers pauvres d’Abidjan et aux alentours, des milliers de familles continuent de vivre dans la crainte de se faire chasser. Certaines ont pris les devants et ont évacué une partie de leurs affaires. Elles se retrouvent de ce fait dans un dénuement et une précarité encore plus grande.
Les autorités ont beau jeu de ne parler que du cas de Koumassi-Campement qui aurait été détruit «illégalement» par un ancien haut dignitaire de la mairie. Mais est-ce que cela change quelque chose pour les habitants dont on a détruit la maison ? Les a-t-on relogés ? Non ! Les autorités, comptent-elles restituer cet espace à leurs habitants comme il se doit ? Non, pas plus qu’à ceux qui ont été déguerpis ailleurs en toute «légalité» même si beaucoup d’entre eux y habitaient depuis 60 ans ! Quant aux maires des communes concernées qui prétendent n’avoir pas été informés de ces déguerpissements, ce sont des menteurs et des hypocrites, d’autant plus hargneux et méprisants devant les pauvres qu’ils sont serviles et bienveillants devant les riches de leur espèce.
Le gouvernement, les médias d’État et les politiciens qui soutiennent le pouvoir en place ne cessent d’accuser les pauvres de s’installer illégalement dans des zones dangereuses et insalubres, comme si c’était de gaité de cœur qu’ils le faisaient. Avec leurs revenus de misère, les travailleurs, les chômeurs et tous les laissés-pour-compte n’ont d’autres choix que de s’installer là où ils peuvent et comme ils peuvent, y compris au péril de leur vie.
Les vrais responsables de cette situation ce sont ceux qui gouvernent ce pays et le système d’exploitation capitaliste qu’ils soutiennent et qui les enrichit. Ce qui n’empêche pas Ouattara de prétendre que sa « priorité est de faire en sorte que chaque famille impactée (par les déguerpissements) retrouve, dans les meilleurs délais, des conditions de vie dignes, sûres et sécurisées ». C’est de la démagogie comme l’est son message de « condoléances aux familles victimes des récentes pluies ». Il y a eu officiellement 59 morts sauf que ce n’est pas la pluie qui les a tués mais la pauvreté et l’incapacité de l’État de construire des infrastructures adéquates permettant de canaliser les eaux de pluies et d’éviter des glissements de terrain. Il faut aussi construire des logements décents, accessibles à tous les mal-logés et dans des endroits sécurisés.
Ce ne sont pas les moyens qui manquent à l’État pour réaliser ces constructions, mais les dirigeants de ce pays n’ont d’yeux que pour les intérêts des riches et des exploiteurs. Les travailleurs et les populations pauvres ne peuvent rien attendre d’eux, ni de ceux qui voudraient prendre leur place. Ils ne peuvent compter que sur leur propre force collective pour défendre leurs intérêts en tant que travailleurs, au-delà de leur nationalité, leur appartenance ethnique ou religieuse. Ensemble, ils constituent une force sociale capable de changer le monde et de bâtir une société débarrassée du capitalisme, où chacun pourra vivre dignement et profiter des connaissances et des moyens techniques modernes sans s’enrichir du travail d’autrui.
