Une vie de travailleur à Abidjan

13 juin 2026

Suite au déguerpissement de l’année dernière à Yopougon, une famille a emménagé dans un logement de deux pièces (chambre-salon) à 90.000f le loyer. Cette grande famille compte 14 personnes dont de nombreux enfants et au moins deux bébés. Avant d’arriver là, elle vivait dans un logement de trois pièces à la Gesco (qui a été rasée) pour un loyer de 70.000f.

Le père de famille est ouvrier dans la zone industrielle de Yopougon. Trois de ses enfants sont à l’école primaire, sa plus grande fille a arrêté sa scolarité tandis que les trois autres garçons se débrouillent comme manœuvres dans le bâtiment ou journaliers dans la zone industrielle. La mère vend des petites choses sur une table devant la cour.

Malgré  tout, leurs revenus  ne leur permettent pas de vivre correctement. La maison est confrontée à une forte humidité, quand il pleut, l’eau s’infiltre. Le bailleur refuse d’effectuer les travaux et les pousse à libérer le logement parce que plusieurs mois de loyer n’ont pas été payés.

Le cas de cette famille ouvrière n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Toutes ces injustices et ces violences ne font qu’alimenter la colère qui couve dans le cœur d’un grand nombre de travailleurs qui ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts tout en bossant du matin au soir ou du soir au matin, sans compter les heures supplémentaires. À ceux-là, il faut ajouter ceux qui n’ont pas de salaire parce qu’ils sont au chômage. Cette colère finira par exploser à la figure du gouvernement et du patronat, et ils l’auront bien méritée !