WIETC : le coup de trop !
Wietc, c’est l’entreprise qui construit un immeuble là où se trouvait l’ancienne Sorbonne du Plateau à Abidjan. Les travailleurs ont marqué un arrêt de travail du 2 au 4 juin, pour protester contre les mauvaises conditions de travail et les bas salaires. Les heures supplémentaires ne sont pas payées depuis le début du chantier. Les travailleurs demandent notamment une déclaration à la Cnps, des bulletins de paies, l’élection de délégués du personnel, auxquels s’ajoutent d’autres revendications. Un petit chef a osé porter la main sur un travailleur et cela a déclenché un arrêt de travail. La police est venue aussitôt au secours du patron et a demandé aux travailleurs de reprendre le travail ou de quitter les rues.
Le fait que la contestation des ouvriers avait lieu dans un quartier du Plateau, en plein centre des affaires de la bourgeoisie, était une raison de plus pour le patron et pour la police d’éteindre le feu avant qu’il ne se propage. Mais cela n’a pas impressionné les travailleurs puisque dès le lendemain, la grève a été reconduite.
Croyant que cela allait démobiliser les grévistes, quelques petits chefs ont décidé d’avancer eux-mêmes les travaux … peine perdue. C’est ainsi que le chef de chantier a fini par demander une rencontre avec les grévistes. Les travailleurs ont avancé une seule revendication : augmentation de 2000 F pour tous, soit 8000 F pour les ouvriers qualifiés et 6000 F pour les manœuvres.
À l’issue de cette rencontre, la direction a concédé 600 F pour les travailleurs qui ont un an d’ancienneté et 300 F pour les autres. Autant dire, une misère et une façon de diviser les travailleurs.
Au troisième jour, le travail a repris sur le chantier mais les travailleurs ont montré leur capacité à se défendre, de bloquer le chantier et toucher le point sensible de leur patron. Cette expérience leur servira pour arracher des revendications car, tôt ou tard, la lutte finira par reprendre.
