Réjouissance pour les financiers pas pour la population du pays

24 juillet 2014

LE MONDIAL DU FOOT AU BRÉSIL

Depuis le 12 juin les équipes de 32 pays s’affrontent sur les terrains de foot au Brésil pour la coupe du monde. Certes, voir se produire les meilleurs joueurs du monde est un spectacle qui fait plaisir. Le foot comme toutes les disciplines sportives de haut niveau sont réservés à un nombre très limité de personnes. Le sport et les compétitions devraient être accessibles à toutes les personnes jeunes ou vieilles pour le bien être, physique et mental. Ce n’est pas du tout la préoccupation des dirigeants de tous les pays de la planète. Bien plus pour ces dirigeants c’est une occasion d’attiser le nationalisme, le patriotisme des peuples les uns contre les autres.

Les grandes puissances disposent de gros moyens financiers pour sélectionner des jeunes et former des équipes de haute gamme. Et de ce fait elles s’imposent aux équipes des petits pays qui, parfois, créent la surprise.

La Fifa et les dirigeants des Etats qui organisent ces rencontres sportives à coups de milliards d’euros font la grande joie des patrons du Bâtiment (pour la construction des stades) et des médias. Sur douze stades, cinq sont entièrement neufs. Pour la construction des nouveaux stades et la rénovation des autres, le coût est de l’ordre de centaines de millions d’Euros pour chacun. Et le coût total se compte par milliards. La retransmission des matchs se vend au prix de dizaines de millions d’euros. C’est aussi une aubaine pour les chaines de télévisons. Et pendant toutes ces manifestations sportives, les Etats espèrent faire oublier aux populations pauvres leurs conditions de vie misérables.

Mais les populations pauvres du Brésil ne l’entendent pas de la même manière. Dès le début, elles ont profité de cette occasion, non pas pour empêcher le déroulement de la Coupe, mais pour dénoncer la corruption et réclamer une meilleure éducation pour les jeunes et une meilleure politique de santé publique pour les pauvres. C’est ainsi que des manifestations ont eu lieu dans les grandes villes où se déroule la Coupe.

A San Paulo, des travailleurs du métro, en grève, ont manifesté le 12 juin contre le licenciement de 42 de leurs camarades. La police a violemment refoulé les manifestants. A Rio, une manifestation a parcouru le centre-ville en revendiquant des fonds pour la santé et l’éducation. Ces actions ont eu lieu aussi dans les grandes villes comme Recife, Porto Alegre, Belo Horizonte et Fortaleza. Ces manifestations sont le signe d’une révolte qui gronde dans le pays et que la passion du foot qui règne fait provisoirement taire. Il faut espérer que les travailleurs du Brésil ne s’arrêteront pas là.