Une hausse dérisoire des salaires vite rattrapée par la hausse des prix

28 septembre 2019

Madagascar

Andry Rajoelina avait annoncé le 1er mai une « augmentation du SMIG de 19% ». Le SMIG passerait donc de l’équivalent de 42 euros à environ 50 euros par mois, soit 1,67 euro par jour alors que le seuil de pauvreté est à 1,85 euro par jour. En outre, peu de travailleurs sont concernés, car l’immense majorité d’entre eux sont dans l’économie informelle où les salaires sont encore plus bas.

En réponse à cette annonce, le patronat a prétendu que la compétitivité des entreprises malgaches serait mise en danger par cette augmentation « brutale » d’un peu plus de 26 centimes par jour. Sans vergogne il a demandé en urgence des compensations : une augmentation du temps de travail, une exonération des heures supplémentaires et une baisse des impôts sur le bénéfice de 20% à 10%.

Ces demandes ont eu un écho favorable auprès du Premier ministre Christian Ntsay, ancien expert auprès de la Banque mondiale, de l’Union européenne. Il a aussi été directeur de l’Organisation Internationale du Travail pour la zone de l’Océan Indien, ce qui en dit long à la fois sur ce monsieur et sur l’OIT. Et puis l’inflation est galopante, ce qui se traduit par la flambée des prix de tous les produits y compris ceux qui sont vitaux pour les travailleurs et pour toutes les classes pauvres : riz, viande, pétrole lampant, transports en commun, etc.

Pour sortir de la misère et imposer les augmentations des salaires à hauteur de leurs besoins, il faudra que les travailleurs se fassent craindre et imposent leurs revendications par la lutte collective