SEG : une journée de grève qui n’a pas suffi à faire plier le patron
Le lundi 14 août dernier, les travailleurs de plusieurs chantiers de SEG (Société d’Entreprises et de Gestion), ont marqué un arrêt de travail durant un jour.
Ils sont plus de 1000 travailleurs répartis sur plusieurs chantiers dont celui de la construction d’une tour de plus de 20 étages au Plateau à Abidjan en plein centre des affaires et qui abritera des bureaux. Elle construit aussi deux Centre Hospitalier Régional (CHR), un a Kong et un autre à Odiéné.
Les travailleurs n’ont pas de contrat de travail et sont corvéables à merci. Certains sont payés à 4500 Fr pour un travail de nuit de 12 heures. Les conditions de travail sont infernales. Le 1er août, un travailleur que son patron avait obligé à travailler toute une journée et une nuit sans repos est mort parce qu’une toupie à béton dont les supports défaillants n’avaient pas été réparés, est tombée de plusieurs étages, tuant cet ouvrier et blessant gravement un autre. Sur ce même chantier, un autre travailleur avait déjà eu les deux bras broyés. Sur un autre chantier à Bonoua il y a eu aussi deux blessés graves. Ce ne sont pas de simples accidents de travail mais des assassinats qui ne disent pas leur nom. C’est le résultat direct de la politique patronal visant à réaliser le maximum de profit sans aucun respect de la santé et de la vie des ouvriers !
Au mois de juin 2026, les travailleurs de cette entreprise avaient déposé un préavis de grève mais celle-ci n’a pas eu lieu. Le mois d’après, il y a eu un petit mouvement et le patron n’a lâché qu’une miette de 300 Fr d’augmentation journalière alors que les travailleurs revendiquaient 5000 Fr ! Ce fut une provocation de plus mais les travailleurs n’ont pas baissé les bras. C’est ainsi que le 14 août ils étaient plus de 1000 grévistes. Les petits chefs ont tenté des intimidations et ont réussi à faire reprendre le travail sans que les travailleurs aient obtenu quelque chose. Leurs représentants se sont fait balader jusqu’au soir sous prétexte que le directeur était en voyage.
C’est seulement dix jours plus tard, le 24 août, qu’une nouvelle rencontre s’est tenue avec le directeur. D’emblée, il refusa catégoriquement de recevoir la délégation composée de 15 travailleurs venus de 5 chantiers. Finalement, ce sont six travailleurs qui ont été autorisés à s’entretenir avec ce directeur qui n’a pas manqué de les menacer. Au bout du compte, les travailleurs n’ont obtenu que le remboursement des deux jours fériés chômés et payés que le patron leur avait volés. Tout le reste des revendications a été balayé d’un revers de la main, accompagné de quelques blablas.
Les travailleurs ont affaire à des requins qui se croient tout permis, y compris de les broyer. Alors, sans une réelle détermination, une bonne organisation et une solidarité à toute épreuve, les travailleurs n’ont pas fait le poids. Il aurait fallu au moins tenter de se joindre aux travailleurs d’autres chantiers comme ceux de Jiangsu Zhenhuai (à Youpougon) qui sont actuellement en lutte. Les uns et les autres ont un grand intérêt à se rassembler et à chercher à unifier leur lutte. Plus ils seront nombreux à se battre ensemble et unis, plus ils seront forts et auront les moyens de faire plier leurs patrons.
