JIANGSU ZHENHUAI : NOUS N’AVONS PAS FINI AVEC LUI !

11 juillet 2026

Jiangsu Zhenhuai est une entreprise chinoise du secteur du BTP qui a plusieurs chantiers dans la ville d’Abidjan.

Les travailleurs du chantier de construction d’un centre commercial au PK 25 sur l’autoroute du Nord ont marqué un arrêt de travail de deux jours, le 30 juin et le 1er juillet pour contraindre le patron à donner suite à leurs nombreuses revendications.

Les faits qui ont poussé à cette grève sont racontés ci-dessous par l’un des porte-paroles des travailleurs :

« Nous travaillons 10h par jour pour des salaires allant de 4000 F à 7000 F. Les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées. Nous n’avons pas de délégués du personnel. Certains parmi nous ont une ancienneté de plus de 7 ans. Nous ne sommes pas déclarés à la CNPS. Des accidents de travail, il y en a à longueur de journée et il n’y a même pas d’EPI (équipements de protection individuelle). Nous n’avons jamais reçu de bulletin de paie.

Alors, nous avons décidé de nous organiser pour nous faire entendre et mieux nous défendre. C’est ainsi que le lundi 22 juin, nous avons profité du quart d’heure organisé par le chef du chantier pour lui remettre nos revendications. Immédiatement le chef chantier a ordonné le licenciement du camarade qui a eu le courage de lui tendre le document. Le lendemain, nous avons dit niet ! Nous avons tout bloqué et sous la pression, notre collègue a été réintégré. Dès le mercredi, nous avons déposé un préavis de grève.

Jusque-là, le patron a montré, y compris à l’Inspecteur du travail, qu’il se moque de tout ça. Nous nous sommes donc réunis pour décider de ce qu’il y a lieu de faire.

Nous avons majoritairement décidé l’arrêt immédiat du travail. C’est ainsi que le mardi 30 juin, à l’heure de la reprise après la pause de 13 heures, tout le chantier fut bloqué. Dans la soirée, une bagarre éclata entre un camarade ivoirien et un camarade togolais. Cela a failli nous diviser, mais très vite nous avons réussi à trouver le bon sens pour régler ce problème. Le lendemain matin à 5h, le piquet de grève était composé de togolais et ivoiriens. Ensemble, nous avons commencé à sillonner le dortoir de tous les camarades pour reconduire notre grève. À 6h30, c’est habituellement l’heure du début des travaux, tout le monde est resté assis. À 14h, la direction voyant notre détermination, a fait appel à un groupe de travailleurs venu de Marcory pour nous remplacer. Malgré la présence de la gendarmerie, nous les avons dissuadés de travailler, ils n’ont pas eu le courage de nous affronter. Nous sommes restés sur notre position jusqu’à 15h30, l’heure d’arrivée du commandant de brigade d’Anyama sur le site. Celui-ci a demandé qu’une rencontre soit tenue en présence d’un Inspecteur de travail. C’est ainsi qu’une rencontre s’est tenue le lendemain.

Bien que l’inspection ait tranché en notre faveur, nous sommes bien conscients que l’application des décisions arrêtées ne sera pas facile. Donc nous gardons toujours le bâton en main car la période difficile ce sera le moment de nous payer le rappel de tout ce qui nous a été volé ».